IMPRESSIONS D'EUROPE
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2010 novembre Rencontres littéraires Suisses et Autrichiennes

du 4 au 7 novembre 2010

Éditos
« Je ne voulais plus entendre parler de littérature », nous dit drôlement Thomas Bernhard dans ses Prix littéraires*. Encore heureux que les Rencontres d’Impressions d’Europe n’en remettent pas, de prix littéraires, car nous allons en entendre parler, précisément, de littérature, en entendre parler et en entendre tout court — ce qui ne sera pas le moindre de nos plaisirs pour cette 6e édition suisse et autrichienne. Citer ici Bernhard, ou Freud, semble tout naturel. Ils seront là. Comme seront présents celles et ceux qui font aujourd’hui les littératures suisse et autrichienne, la bd, le théâtre… Il serait trop facile de parler de sommets pour évoquer ces deux pays encore trop souvent méconnus du public français. Quoique… L’insolence, l’ironie, l’humour seront du voyage. L’histoire aussi, sur ses multiples versants. Des lectures prometteuses. La redécouverte de La Salamandre, chef-d’oeuvre cinématographique post-68 d’Alain Tanner. Du théâtre avec Yvon Lapous. Des rencontres étonnantes, Paul Nizon pour n’en citer qu’une. Après les pays du nord, plusieurs fois visités, l’Irlande et le Pays de Galles, le Portugal, les Flamands… il était temps qu’Impressions d’Europe nous invite dans les hauteurs de notre continent.

Éric Chalmel
Membre du Conseil d’administration d’Impressions d’Europe
*Mes Prix littéraires (Gallimard, 2010).

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vidéo rencontres littéraires Suisses et Autrichiennes
Dans le monde de la communication d’aujourd’hui, les communautés autant culturelles que politiques semblent de plus en plus se retrouver dans des réseaux virtuels et supranationaux. L’ubiquité de chacune et de chacun confine désormais à la normalité.Néanmoins ce sont toujours les rencontres et les rapports personnels et réels qui sont à la base d’une meilleure connaissance des uns vis-à-vis des autres. Bien que la France et l’Autriche n’aient ni la même langue ni de frontières communes, le regard respectif sur la culture et la littérature de l’autre a toujours été attentif et sincère. Le mérite d’Impressions d’Europe d’organiser des rencontres littéraires dans la merveilleuse ville de Nantes est plus que louable. En invitant, ensemble, l’Autriche et la Suisse, notre voisin, Impressions d’Europe nous promet quatre jours de grande intensité où les liens, les points communs et les différences entre nos littératures dessineront sans doute l’image d’une culture pleine de découvertes et de surprises.

Alexander Potyka
Directeur des éditions Picus Verlag, Vienne

Être invité à Nantes, la ville où rayonnent les librairies parmi les plus belles de France, où un lieu industriel a été reconverti en un vaste espace dédié à la création théâtrale et littéraire, est une chance pour les écrivains et les éditeurs. Vue d’ici, Nantes nous paraît un pays aussi enchanteur qu’un conte.

De Walser aux écrivains d’aujourd’hui, la littérature de la Suisse alémanique a de quoi retenir l’attention de la France. Quant à la littérature romande, née d’une tradition longue et solide de Ramuz à Bouvier et à Jean-Marc Lovay puis aux plus jeunes du xxie siècle, elle se distingue par une grande inventivité langagière.

Nous sommes heureux, en tant qu’éditeur, qu’Impressions d’Europe nous invite en même temps que l’Autriche. Les liens littéraires entre ces deux pays font partie de nos coutumes puisque la Suisse, multilingue, a un destin de passeur : Musil a été traduit par Jaccottet, les premiers écrits de Freud en français sont parus à Genève en 1919.
Marlyse Pietri
Directrice des éditions Zoé, Carouge-Genève

Jeudi 4 novembre 2010


Ouverture de la grande librairie suisse et autrichienne

(Atelier n°2)

« Deux auteurs de bande dessinée aux multiples talents »

(Salon de musique)

Jean-Luc Fromental
Modérateur
directeur de la collection «Denoël graphic», scénariste, Paris


Pierre Alain Bertola (1956, Suisse)

Illustrateur, Pierre Alain Bertola publie ses premiers albums de bande dessinée en 1988 et 1990 aux Editions Futuropolis à Paris. Il illustre ensuite plusieurs ouvrages dont Le Gros Poisson du lac d’après C.-F. Ramuz ainsi que de nombreux articles de presse.
Son expérience dans l’architecture, son premier métier, lui permet de créer des scénographies d’expositions temporaires pour de nombreux musées, dont le Musée international de la Croix-Rouge, le Musée d’ethnographie de Genève, le Musée national suisse, le Musée du Léman. Il conçoit aussi l’exposition permanente du Musée des Pharaons noirs de Kerma au Soudan, en 2008. Pierre-Alain Bertola travaille également pour le théâtre et l’opéra, signant notamment les décors du Viaggio à Reims de Rossini en 2005, et La Flûte Enchantée de Mozart en 2008, tous deux au Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg. Pierre-Alain Bertola a publié en novembre 2009 une superbe adaptation en bande dessinée du roman de John Steinbeck Des souris et des hommes aux Éditions Delcourt.
Il a participé à l’exposition «archi & BD / la ville dessinée» à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine du Palais de Chaillot à Paris du 9 juin au 28 novembre 2010.

Bibliographie sélective
  • Des souris et des hommes, adaptation BD du roman de Steinbeck, Delcourt, 2009
  • Pamukalie, pays fabuleux, texte Eugène, Autrement, 2003
  • La Mort à vivre, texte Eugène, La Joie de Lire, 1999
  • Dernière saison, dernier enfer, texte Daniel Varenne, éd. Demoures, 1998
  • Le Gros poisson du lac, texte Charles-Ferdinand Ramuz, La Joie de Lire, 1996
  • Les Sept couleurs du noir, texte et dessin, Futuropolis, 1990
  • Colonel Bauer, texte et dessin, Futuropolis, 1988

Visite commentée de l’exposition «L’Atelier de la Créature» de et par Pierre-Alain Bertola et dédicaces de l’auteur

(Atelier n°2)

Jean-Luc Fromental

Modérateur
directeur de la collection «Denoël graphic», scénariste, Paris

Nicolas Mahler (1969, Autriche)

Né à Vienne où il vit toujours, Nicolas Mahler est un des rares dessinateurs de langue allemande qui émerge dans le milieu exigeant des strips.
Après des débuts prometteurs dans les années 90, il ouvre en 2003 le Kabinett für Wort und Bild dans le quartier des musées viennois pour promouvoir son mode d’expression. Aujourd’hui, cet auteur a publié près de trente livres, livrets et cahiers, ainsi que des dessins dans des magazines chez des éditeurs du monde entier. De plus en plus reconnu dans le milieu francophone, ses livres sont édités en France (L’Association, L’Ampoule) et au Canada (La Pastèque). Son travail apparaît régulièrement dans les revues Lapin, Spoutnik (France), Galago (Suède) et Strapazin (Suisse).
Certaines de ses oeuvres ont, en outre, fait l’objet de films ou de mises en scène. Sa série Flaschko a ainsi été adaptée en dessin animé, lequel a été montré dans plusieurs festivals de films en Europe.
Prix du meilleur album 2006 au salon de la bande dessinée de Erlanger pour Das Unbehagen, Nicolas Mahler est désormais un auteur-dessinateur internationalement reconnu.


Bibliographie sélective
  • Engelmann, L’Association, coll. «Ciboulette», à paraître en 2011
  • L’art sans madame Goldgruber, L’Association, 2008
  • Longueurs et retranchements, L'Association, coll. «Patte de mouche», 2007
  • Poèmes, La Pastèque, 2007 Flaschko 2, L’Association, coll. «Éperluette», 2007
  • L’Art selon madame Goldgruber, L’Association, 2005
  • Le Parc, La Pastèque, 2004
  • Série Z, L’Association, coll. «Mimolette», 2004
  • Bad Job, La Pastèque, 2004
  • Shitty Art Book, La Pastèque, 2003
  • Les Souffrances du jeune Frankenstein, L’Ampoule, 2003
  • Flaschko, L’Association, coll. «Éperluette», 2003

Projections du dessin animé Mystery music (2010, 5 mn) de Nicolas Mahler

(Salon de musique)

Dédicaces de Nicolas Mahler

(Atelier n°2)

Théâtre Le Voyage d’Alice en Suisse

(Atelier n°1, entrée libre)

« Le Voyage d’Alice en Suisse », mise en espace de la pièce de théâtre de Lukas Bärfuss par le Théâtre du Loup.
Traduction provisoire de Hélène Maulez et René Zahnd, éd. de l’Arche (à paraître en 2011). Coproduction le lieu unique/Le Théâtre du Loup, Nantes Avec Florence Bourgès, Bertrand Ducher, Nigel Holidge, Yvon Lapous, Marilyn Leray et Yvette Poirier.

«Un si beau pays. La Suisse. Alice projette d’y faire un voyage. Ultime voyage s’il a lieu, car Alice souffre et n’en peut plus de la vie. Or, dans ce pays merveilleux qu’est la Suisse existe un médecin qui aide les personnes qui le désirent à mourir.
Lukas Bärfuss aime les sujets qui dérangent. Dans une oeuvre précédente, il traitait de la sexualité des handicapés, ici il aborde l’euthanasie et le droit à disposer librement de sa vie et donc de sa mort. Dans une succession de séquences rapides, l’auteur n’esquive ni la gravité ni la complexité du propos.
Cependant, Lukas Bärfuss a l’habilité de déployer les situations avec humour car pour lui, le rire est la marque essentielle du vivant : “Une chose dont on ne peut pas rire, c’est une chose qu’on n’a pas bien étudiée.”»
(Yvon Lapous)

Projection du film «La Salamandre» d’Alan Tanner

(Salon de musique)

«La Salamandre» (1971, 123 mn) d’Alan Tanner avec Bulle Ogier, Jean-Luc Bideau, Jacques Denis, Véronique Alain, Marblum Jéquier, Marcel Vidal, Dominique Catton, Daniel Stuffel, et François Simon «qui passait par là». Scénario : Alan Tanner et John Berger. Photographie : Renato Berta. Musique : Patrick Moraz et Main Horse Airline

Le film de Tanner, sorte de prolongement romantique, apsychologique et ironique de l’esprit de Mai 68 filmé par un héritier de la Nouvelle Vague française et du Free Cinema, raconte l’histoire de deux scénaristes, Pierre et Paul, Bouvard et Pécuchet à qui la télévision demande d’écrire un jour un film inspiré d’un fait divers.
Les deux amis partent en quête de leur Charles Forster Kane, en l’occurrence Rosemonde, ouvrière dans une usine de saucisses accusée d’avoir voulu tuer son oncle. Tandis que Paul laisse aller son imagination, Pierre s’attache à reconstituer la réalité des faits : Rosemonde est avant tout une jeune femme prolétaire, libre et sexy, qui, sans formation intellectuelle, se révolte contre une société oppressante et aliénante.

Avec le recul, on pourrait dire qu’elle est la parfaite incarnation fictive de la réelle jeune ouvrière anonyme des usines Wonder, rendue mythique par Reprise d’Hervé Le Roux, qui refusait de reprendre le travail en 68.
La salamandre, cet animal dont on dit qu’il peut vivre dans les flammes sans se brûler, c’est Gradiva et Marianne : le souffle de la liberté du début des seventies. À sa sortie en France, le film resta plusieurs mois à l’affiche. Un nouveau cinéma suisse était né.
(Critique parue dans le supplément au n°646 des Inrockuptibles, « Les 40 ans de la Quinzaine ».)


Débat avec Michel Boujut, journaliste, critique de cinéma et écrivain, auteur notamment de Le Milieu du monde ou Le Cinéma selon Tanner, L’Âge d’homme, 1974 et avec la participation exceptionnelle de Jean-Luc Bideau.
(Salon de musique)

Vendredi 5 novembre 2010


Ouverture de la grande librairie suisse et autrichienne

(Atelier n°2)

Inauguration de la manifestation

(Salon de musique)

Grand thème d’ouverture : «Thomas Bernhard l’insolent»


Thomas Bernhard
né aux Pays-Bas, est élevé à Salzbourg par son grand-père maternel, le poète Johannes Freumbichler. En mars 1938 a lieu l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne nazie.

Thomas Bernhard est alors envoyé dans un centre d’éducation national-socialiste en Allemagne, puis, en 1943, son grand-père le place dans un internat à Salzbourg où il étudie la musique. En 1947, il arrête le lycée et tombe malade. Atteint de tuberculose pulmonaire (qui a déjà tué son grandpère) il est soigné en sanatorium jusqu'en 1951.Thomas Bernhard commence alors à écrire des articles très critiques sur le conservatisme des Salzbourgeois dans un journal indépendant.Il voyage en Europe puis revient étudier la musique et l’art dramatique à Salzbourg et à Vienne. Et écrit son premier roman en 1963, Frost (Gel) qui sera immédiatement récompensé par de nombreux prix et par une reconnaissance internationale. Il fait scandale en 1968 lors d’un discours prononcé lors de la remise d’un prix, attaquant l’état autrichien et la culture autrichienne (paru dans le volume d’inédits Mes Prix littéraires, Gallimard, 2010, recueil de chroniques vachardes où Thomas Bernhard a raconté les différentes cérémonies au cours desquelles il fut couvert de lauriers). Il écrit aussi des oeuvres théâtrales, notamment Une fête pour Boris (1970) qui sera un immense succès au théâtre de Hambourg et, la même année, il reçoit le prestigieux prix littéraire Georg Büchner en Allemagne.
En 1986 paraît Extinction qui est considérée comme une de ses oeuvres principales par la noirceur et les traumatismes psychologiques du personnage de Murau. En 1988, il écrit la pièce Heldenplatz dans laquelle il attaque la société autrichienne et ses vieux démons. Thomas Bernhard meurt trois mois après la première représentation de cette pièce. Iconoclaste et provocateur, il est considéré comme un des plus grands écrivains autrichiens à la fois pour son style baroque, pour la profondeur de ses réflexions sur le mal-être, ainsi que pour ses critiques au vitriol sur le passé et le présent de l’Autriche.

Les oeuvres de Thomas Bernhard sont éditées par les éditions Gallimard (romans, récits, nouvelles, poésies, discours) et par les éditions de l’Arche (théâtre).

Thierry Guichard
Modérateur
directeur de publication du Matricule des Anges

Christine Lecerf
Germaniste et spécialiste de la littérature autrichienne (Elfriede Jelinek…), Christine Lecerf est traductrice (Robert Menasse…), critique littéraire et productrice à France Culture. Elle a dirigé le numéro de la revue Europe (mars 2009) consacré à Thomas Bernhard.


Raimund Fellinger
Directeur éditorial des éditions Suhrkamp Verlag à Francfort, il a notamment été responsable de la publication de Mes Prix (Meine Preise) paru en France sous le titre Mes Prix littéraires, trad. Daniel Mirsky, Gallimard, coll. «Du Monde entier», 2010.

Pierre Weiss
Plasticien et cinéaste, Pierre Weiss vit et travaille à Paris et à Vienne.

Pendant la table ronde : Lectures à voix haute d’extraits de textes de Thomas Bernhard par André Wilms, acteur (La Vie est un long fleuve tranquille, Monsieur Hire, Tatie Danielle, Les Leningrad Cowboys rencontrent Moïse, Bienvenue chez les Rozes, Sans laisser de traces…), comédien (Brecht, Molière, Büchner, Ibsen, Duras, Koltès…) et metteur en scène (Sade, Brecht, Murger).

Ouverture du bar-restaurant, cocktail « Gustave Klimt »

(Atelier n°2)

Le Voyage d’Alice en Suisse « Le Voyage d’Alice en Suisse »

mise en espace de la pièce de théâtre de Lukas Bärfuss par le Théâtre du Loup.
(Atelier n°1, entrée libre)

Samedi 6 novembre 2010


Ouverture de la grande librairie suisse et autrichienne et du bar-restaurant

(Atelier n°2)

« Werner Kofler, Urs Widmer: deux écrivains perturbateurs »

(Salon de musique)

Gérard Meudal
Modérateur
journaliste au Monde des Livres


Werner Kofler (1947, Autriche)

Né à Villach en Carinthie, Werner Kofler a commencé à publier, d’abord en revue, dès 1963.
Auteur à ce jour d’une quinzaine de récits, de pièces radiophoniques et d’une pièce de théâtre, il est l’une des voix majeures de la littérature contemporaine de son pays, où son goût de l’invective et de l’interprétation lui vaut d’être considéré comme l’héritier de Thomas Bernhard.
Werner Kofler a obtenu de nombreuses distinctions littéraires, dont la bourse Elias Canetti et le prix Arno Schmidt.

Bibliographie
  • Hôtel Clair de crime, trad. Bernard Banoun, Absalon (à paraître)
  • Derrière mon bureau, trad. Bernard Banoun, Absalon, 2010
  • Caf’conc’ Treblinka, trad. Bernard Banoun, Absalon, 2010
  • Automne, liberté. Un nocturne, trad. Bernard Banoun, Absalon, 2008. Prix de traduction Gérard de Nerval SGDL, 2009



Urs Widmer (1938, Suisse) Urs Widmer est né à Bâle et vit à Zurich.

Il est l’auteur de pièces de théâtre, d’essais et de nombreux récits et brefs romans, tous marqués par une
« cocasserie poétique » inimitable, dans une des plus belles proses allemandes qui soient actuellement.
L’Homme que ma mère a aimé, inspiré par la vie de sa mère, comportait ce que l’auteur appelle lui-même une «tonitruante lacune», comblée par Le Livre de mon père, évocation romanesque de la vie de son père.

Bibliographie
  • Le Livre de mon père, trad. Bernard Lortholary, Gallimard, coll. «Du Monde entier», 2006 et Folio, 2007
  • L’Homme que ma mère a aimé, trad. Bernard Lortholary, Gallimard, coll. «Du Monde entier», 2001 et Folio, 2003
  • Top Dogs, trad. Daniel Benoin, L’Arche, 1999
  • Les Hommes Jaunes, trad. Jean-Claude Capèle, Fayard, 1995 et 10/18, 2006
  • Le Siphon Bleu, trad. Jean-Claude Capèle, Fayard, 1994 Le Paradis de l’oubli, trad. Jean-Claude Capèle, Fayard, 1992
  • L’été indien, trad. Christiane Thébert et Gilbert Musy, Zoé, 1990
  • Histoires suisses, trad. Elena Vuille-Mondada, L’Âge d’homme, 1983

Lectures à voix haute

(extraits des oeuvres de Jean-Jacques Busino et Catherine Lovey) par les étudiants de la classe d’art dramatique du Conservatoire de Nantes.
(Atelier n°1)

« Deux écrivains en quête d’enquête »

(Salon de musique)

Isabelle Rüf
Modératrice
journaliste littéraire au Temps, Genève

Jean-Jacques Busino
(1965, Suisse)
Passionné de musique, Jean-Jacques Busino ouvre, à 20 ans, un magasin de disques, monte un studio d’enregistrement et crée sa propre maison de production, spécialisée dans la musique classique. Il trouve toujours du temps pour écrire, «pour ne pas devenir fou», des romans policiers, des nouvelles, des chansons et des livres pour enfants et adolescents qu’il continue à côtoyer régulièrement, et dont il connaît bien les maux. Il est aussi co-auteur avec Cesare Battisti, Carlo Lucarelli, Jean- Bernard Pouy et Tito Topin, de Naples (Eden Productions, 1999), série de cinq histoires, toutes plus noires les unes que les autres, qui se déroulent dans la ville mythique italienne.

Bibliographie
  • Cancer du Capricorne, Rivages, 2010
  • Chicoutimi : jusqu’où les eaux sont profondes, Flammarion, 2002
  • Classe foot, Syros jeunesse, coll. «Souris noire», 2000
  • Le Théorème de l’Autre, Rivages/Noir, 2000
  • Sac de noeuds, Flammarion, coll. «Tribal», 1999
  • La Dette du diable, Rivages/Noir, 1998
  • Au nom du piètre qui à l’essieu, Édition Baleine, coll. «Le Poulpe», 1998
  • Le Bal des capons, Rivages/Noir, 1997
  • Dieu a tort, Rivages/Noir, 1996
  • Un café, une cigarette, Rivages/Noir, 1994




Catherine Lovey (1967, Suisse)

Catherine Lovey est née en 1967 en Valais et vit près de Vevey.
Diplômée de l’Institut Universitaire des Hautes Études Internationales à Genève, elle complète sa formation par l’obtention, en 2003, d’un diplôme postgrade en criminologie, auprès de l'École des sciences criminelles de Lausanne. Catherine Lovey exerce le métier de journaliste spécialisée dans les domaines économique et financier. Elle a notamment collaboré auprès de 24 Heures, La Tribune de Genève et L’Hebdo. En 2000, elle prend une année sabbatique qui lui permet de renouer avec l’écriture littéraire. En 2005, elle publie son premier roman, L’homme interdit, pour lequel elle reçoit le Prix Schiller découverte.

Cinq vivants pour un seul mort paraît en 2008. Ce roman «interroge le pouvoir et les limites du langage face à la perte d'un proche». Comme dans son premier texte, Catherine Lovey adopte pour thème central la question de la disparition. Un roman russe et drôle paraît en 2010. Vingt ans après la chute du Mur, ce texte de fiction propose comme « héros de notre temps » la figure de l’oligarque Mikhaïl Khodorkovski, l’ex-homme le plus riche de Russie, condamné à la colonie pénitentiaire en Sibérie suite à l’affaire Ioukos.

Bibliographie
  • Un roman russe et drôle, Zoé, 2010
  • Cinq vivants pour un seul mort, Zoé, 2008
  • L’Homme interdit, Zoé, 2005. Prix Schiller découverte, 2006

Lectures à voix haute

(extraits des oeuvres d’Eva Menasse et Doron Rabinovici) par les étudiants de la classe d’art dramatique du Conservatoire de Nantes.
(Atelier n°1)

et dédicaces de Jean-Jacques Busino et Catherine Lovey

(Atelier n°2)

«Autriche : le poids de l’Histoire»

(Salon de musique)

Christine Lecerf
Modératrice
germaniste, traductrice, productrice à France Culture

Eva Menasse
Rédactrice en chef du magazine viennois Profil, et plus tard pour le prestigieux Frankfurter Allgemeine Zeitung, elle publie son premier livre intitulé L’Holocauste dans la cour.
L’ouvrage est le compte-rendu du procès du négationniste David Irving à Londres en avril 2000. Son second ouvrage, Vienne, paru en 2005, raconte le trouble d’une société juive, à l’approche de la Seconde Guerre mondiale. Trois générations se succèdent au coeur de ce roman au ton tragi-comique qui mêle humour viennois (schmäh) et humour yiddish. Trois générations pour déconstruire l’identité collective de cette famille, récuser les identités sociales de chacun, raconter la négociation des uns et des autres dans leurs identités personnelles. À travers ce grand récit défile l’histoire de la famille, bricolée de faits souvent incongrus, de situations cocasses, de souvenirs burlesques. Eva Menasse tente de donner une certaine unité à ces vies, à sa vie, c’est l’objet même de cette narration. Mais les personnages, comme évadés des romans de Gogol, de Tchekhov ou de Singer, échappent à son contrôle par dérision, parfois pour la farce, souvent juste pour survivre dans la société autrichienne, éternellement décalés et facétieux. Eva Menasse vit depuis 2003 à Berlin.

Bibliographie
  • Vienna, trad. Eva Perrot, Folies d’Encre, 2008

Doron Rabinovici
(1961, Autriche)
Né à Tel-Aviv, Doron Rabinovici est revenu s’installer à Vienne avec sa famille en 1964. Historien, il s’est illustré par ses activités militantes contre la droite nationaliste autrichienne et ses écrits journalistiques.
Ceux d’après, son premier roman, mêle les destins de plusieurs survivants des camps de la mort et de leurs enfants dans l’Autriche d’après-guerre.

Bibliographie
  • Ceux d’après, trad. Colette Strauss-Hiva, Denoël, coll. «Denoël et d’ailleurs», 2009

Lectures à voix haute

(extraits des oeuvres d’Alain-Claude Sulzer et Matthias Zschokke) par les étudiants de la classe d’art dramatique du Conservatoire de Nantes
(Atelier n°1)

et dédicaces d’Eva Menasse et Doron Rabinovici

(Atelier n°2)

«Alain-Claude Sulzer et Matthias Zschokke : petites proses entre amis »

(Salon de musique)

Isabelle Rüf
Modératrice
journaliste littéraire au Temps, Genève

Alain-Claude Sulzer (1953, Suisse)

Après une formation de bibliothécaire, Alain Claude Sulzer, né en en Suisse alémanique, travaille comme journaliste et commence à écrire dans les années 1980. En 1990, il participe au concours du prix Ingeborg Bachmann à Klagenfurt, dont il sera membre du jury dix-huit ans plus tard, en 2008. Il reçoit en 2005 le prix Schiller et en 2008 le prix Médicis étranger pour le même livre, Un garçon parfait, sur les thèmes essentiels de l’amour, de la séparation et du mensonge à travers une histoire d'homosexualité. Auteur de romans, nouvelles, essais et pièces radiophoniques, il est aussi traducteur depuis le français.

Bibliographie
  • Leçons particulières, trad. Johannes Honigmann, Jacqueline Chambon, 2009
  • Un garçon parfait, trad. Johannes Honigmann, Jacqueline Chambon, 2008. Prix Médicis étranger 2008

Matthias Zschokke (1954, Suisse)

Après une formation d’acteur à la Schauspielschule de Zurich, Matthias Zschokke a été engagé chez Peter Zadek au Schauspielhaus Bochum. Depuis 1980, il vit et travaille à Berlin, une ville qui est très présente dans son oeuvre. Il est l’auteur de neuf volumes de prose (romans, nouvelles), huit pièces de théâtre et trois films. Son roman Maurice mit Huhn, paru en allemand à Zürich en 2006 a obtenu le prix Schiller en Allemagne et, publié sous le titre Maurice à la poule en 2009, il a été couronné en France par le prix Femina étranger.

Le roman raconte l’histoire de Maurice qui passe ses jours dans son bureau du quartier nord de Berlin, là où débarquent les habitants de l’Est, une zone déclarée «sensible».  Il écrit à son ami et associé Hamid à Genève et, le plus souvent, il ne fait rien. De l’autre côté de la cloison, quelqu’un joue du violoncelle, cela l’apaise, mais il ne réussit pas à dénicher le musicien tant le dédale des immeubles est inextricable. Il fréquente souvent le Café Solitaire, la Papeterie de Carole, passe devant le Bar à Films de Jacqueline, des lieux dont les propriétaires changent souvent pour cause de faillite. Dans ce roman fait de détails, d’esquisses et de lettres, Zschokke met en scène des existences sans gloire, des êtres blessés par la vie, pour qui il nourrit une tendresse sans limites. «Zschokke nous tient en haleine avec presque rien… Il raconte avec tant d’obstination et de dissimulation que l’on pense tantôt à Beckett, tantôt à Robert Walser.»
(Neue Zürcher Zeitung)

Bibliographie
  • Maurice à la poule, trad. Patricia Zurcher, Zoé, 2009. Prix Femina étranger 2009
  • La Commissaire chantante ; L’Ami riche ; L’Invitation, trad. Patricia Zurcher et Gilbert Musy, Zoé, 2009
  • Berlin, l’éternel Faubourg et autres textes, trad. Patricia Zurcher, Zoé, coll. «MiniZoé», 2003
  • Bonheur flottant, trad. Patricia Zurcher, Zoé, 2002
  • Les Éléphants ne peuvent pas faire de cabrioles parce qu’ils sont trop gros – ou n’en auraientils pas envie ?, comédie en cinq actes, trad. Gilbert Musy, Société suisse des auteurs, 1999
  • L’Heure bleue ou La Nuit des pirates, trad. Gilbert Musy, Zoé, 1993
  • Max, trad. Gilbert Musy, Jacqueline Chambon/Zoé, 1988 et Zoé-Poche, 2004

Lectures à voix haute

(extraits des oeuvres de Norbert Gstrein) par les étudiants de la classe d’art dramatique du Conservatoire de Nantes.
(Atelier n°1)

et dédicaces d’Alain-Claude Sulzer et Matthias Zschokke

(Atelier n°2)

«Norbert Gstrein : Le Métier d’écrire»

(Salon de musique)

Thierry Guichard
Modérateur
directeur de publication du Matricule des Anges

Norbert Gstrein (1961, Autriche)
Après des études de philosophie et de mathématiques, Norbert Gstrein entreprend un doctorat sur la philosophie du langage. Hôte du Literarisches Colloquium de Berlin, écrivain en résidence à Graz, il a été distingué par plusieurs prix littéraires, en particulier le prix Alfred Döblin décerné par Günter Grass en 1999 et le prix de la Fondation Konrad-Adenauer en 2001 décerné par Jorge Semprun. Norbert Gstrein, qui vit actuellement à Hambourg et Berlin, est un des écrivains de langue allemande les plus reconnus et les plus prometteurs.


Bibliographie
  • À qui appartient une histoire ?, trad. Bernard Banoun, Laurence Teper, 2005 «Comment raconter aujourd’hui ? Comment fonder une éthique artistique au droit et au devoir d’écrire sur le passé et sur la guerre? Comment transmettre en travestissant le moins possible? Telles sont les questions qui guident la réflexion de Norbert Gstrein dans ce livre écrit en réponse aux réactions souvent violentes déclenchées par la publication de son roman Le Métier de tuer
  • Le Métier de tuer, trad. Valérie de Daran, Laurence Teper, 2005
  • Les Années d'Angleterre, trad. Bernard Lortholary, coll. «Du Monde entier», Gallimard, 2002
  • Le Registre, trad. Colette Kowalski, Gallimard, coll. «Du Monde entier», 1994
  • Un d’ici, trad. Isabelle Boccon-Gibod, Gallimard, coll. «Du Monde entier», 1991

Théâtre « Le Voyage d’Alice en Suisse »

mise en espace de la pièce de théâtre de Lukas Bärfuss par le Théâtre du Loup.
(Atelier n°1, entrée libre)

Dimanche 7 novembre 2010


Ouverture de la grande librairie suisse et autrichienne et du bar-restaurant

(Atelier n°2)

« Sigmund Freud : Le rêve et ses interprétations »

(Atelier n°1)
«Tout lecteur de Freud, qu’il soit spécialiste ou amateur, ressent immédiatement ce que l’on pourrait appeler un vertige d’interprétation. Exprimé dans un langage simple, clair et linéaire, chacun de ses textes devient pourtant inextricable, dès que l’on cherche à s'aventurer plus loin, à faire dire au texte ce qu’il ne fait que montrer. Interprètes et traducteurs témoigneront de leur face à face avec le texte de Freud. Comme le Georges-Arthur Goldschmidt dans son essai Quand Freud attend la mer : “C’est au sortir de la langue de départ que le sens se précise dans l’impropriété de la langue d’arrivée”» (Christine Lecerf)




Christine Lecerf
Modératrice
germaniste, traductrice, productrice à France Culture

Jean-Pierre Lefebvre
Professeur de littérature allemande à l’École Normale Supérieure de Paris, il a notamment traduit Hölderlin, Hegel, Celan, Grass, Büchner et vient de signer une nouvelle traduction de L’Interprétation du rêve (Le Seuil, 2010) de Sigmund Freud.

François Robert
Membre de l’équipe éditoriale de la publication des OEuvres complètes de Freud aux PUF, spécialiste de la terminologie. Il enseigne par ailleurs la traductologie. Il a notamment cotraduit et préfacé L’Interprétation du rêve paru aux PUF dans la collection « Quadrige » en février 2010.

Georges-Arthur Goldschmidt
Écrivain français d’origine allemande, auteur de nombreux romans (Celui qu’on cherche habite juste à côté, Verdier, 2007 ; Le Recours, Verdier, 2005 ; Le Poing dans la bouche, Verdier, 2004…), il est l’auteur de deux essais consacrés à l’écriture de Sigmund Freud : Quand Freud voit la mer, Buchet-Chastel, 2000 et Quand Freud attend le verbe, Buchet-Chastel, 1996. Georges-Arthur Goldschmidt est également le traducteur de Handke, Kafka et Nietzsche.

Lectures à voix haute

(extraits des oeuvres de Noëlle Revaz) par les étudiants de la classe d’art dramatique du Conservatoire de Nantes.
(Atelier n°1)

«Noëlle Revaz : virtuose des exercices de style»


Gérard Meudal
Modérateur, journaliste au Monde des Livres

Noëlle Revaz (1968, Suisse)
Noëlle Revaz vit en Suisse, à Bienne.

Après des études de Lettres à Lausanne où elle vit, Noëlle Revaz se consacre depuis 2001 à l’écriture.
Elle est l’auteur de deux romans, Rapport aux bêtes (Galllimard, 2002 - Prix Schiller, Prix Marguerite Audoux, Prix Lettres Frontière, Prix Henri Gaspoz), véritable ovni littéraire qui se jouait d’une langue inventée dans le monde paysan suisse et qui a fait l’objet d’adaptations théâtrales en Suisse et en France et d’une adaptation au cinéma et Efina (Gallimard, 2009) ainsi que d’une pièce radiophonique écrite pour France Culture.

Bibliographie
  • Efina, Gallimard, 2009 - Le roman met en scène un amour entre un acteur chevronné et séducteur, en perpétuelle représentation, et l’une de ses très discrètes mais sincères admiratrices. La relation commence par lettres et se poursuit jusqu’à la tombe de l’acteur avec des allées et venues, des absences et des retours!; le regard d’Efina se fait de plus en plus critique, elle revient de loin avec ce poseur, mais elle ne peut l’oublier. Sous le regard scrutateur de Noëlle Revaz, ce couple devient ainsi la métaphore des amours avortées, de la fragilité humaine et de l’illusion des apparences face à l’inaltérabilité des sentiments.

  • Rapport aux bêtes, Gallimard 2002 et Folio, 2009 - «Comme Céline a inventé une langue urbaine décalée, Noëlle Revaz recrée un parler paysan. Un vrai coup de poing dans la gueule du beau langage.» (Guy Goffette, éditeur de Noëlle Revaz aux éd. Gallimard)


Lectures à voix haute

(extraits des oeuvres de Jean-Luc Benoziglio et Pascale Kramer) par les étudiants de la classe d’art dramatique du Conservatoire de Nantes.
(Atelier n°1)


et dédicaces de Noëlle Revaz Zschokke

(Atelier n°2)

«La Suisse à Paris»


Isabelle Rüf
Modératrice, journaliste littéraire au Temps, Genève

Jean-Luc Benoziglio (1941, Suisse)

Né en Valais, Jean-Luc Benoziglio a passé son enfance en Suisse où il a fait ses études.
Établi à Paris depuis quarante ans, passionné d'histoire, il est l’auteur de quatorze romans pour lesquels il a reçu plusieurs prix.
Dès son premier titre, Quelqu’un bis est mort (1971), sa marque de fabrique est «un humour noir et cinglant, un sens ravageur de la satire doublé d'un amour immodéré du jeu de mots – parfois de la facétie potache – au service d’une charge féroce, ainsi qu’une perception aiguë, profondément mélancolique, de la vanité de toute chose», écrit Aline Delacrétaz dans la revue Vice-versa 1.

Les romans de Benoziglio sont empreints de la figure d’un père peu connu, disparu alors que l’auteur avait 25 ans. Ses pères en littérature ? Il cite Laurence Sterne et son Tristram Shandy, James Joyce, Raymond Queneau et Georges Perec, ainsi que Rabelais, pour le rire bien sûr.

Bibliographie
  • Louis Capet, suite et fin, Le Seuil, coll. «Fiction et Cie», 2005. Prix Michel Dentan 2005
  • La Voix des mauvais jours et des chagrins rentrés, Le Seuil, coll. «Fiction et Cie», 2003
  • La Pyramide ronde, Le Seuil, coll. «Fiction et Cie», 2001
  • Le Feu au lac, Le Seuil, coll. «Fiction et Cie», 1998
  • Peinture avec pistolet, Le Seuil, coll. «Fiction et Cie», 1993
  • Tableaux d’une ex, Le Seuil, coll. «Fiction et Cie», 1989 et Points/Roman, 2004
  • Le Jour où naquit Kary Karinaky, Le Seuil, coll. «Fiction et Cie», 1986
  • Cabinet portrait, Le Seuil, coll. «Fiction et Cie», 1980 et Points/Roman, 2001. Prix Médicis 1980
  • L’Écrivain fantôme, Le Seuil, coll. «Fiction et Cie», 1978
  • Béno s’en va-t-en guerre, Le Seuil, coll. «Fiction et Cie», 1976 et Points/Roman, 1988
  • La Boîte noire, Le Seuil, coll. «Fiction et Cie», 1974 et Points/Roman, 1992
  • Le Midship, Le Seuil, 1973
  • Quelqu’un bis est mort, Le Seuil, 1972 et Points/Roman, 1993

Pascale Kramer (1961, Suisse)
Pascale Kramer est née à Genève et vit à Paris.

Après un baccalauréat à Lausanne, elle s’oriente vers la publicité et devient conceptrice-rédactrice dans une société publicitaire de Zürich. Elle s’installe ensuite à Paris, où elle crée et dirige sa propre agence de publicité, tout en continuant à écrire des romans. Elle a vingt ans lorsqu’elle publie son premier ouvrage, Variations sur une même scène. Après Terres fécondes, en 1984, elle se taira dix ans avant de publier Manu.

« Non sans piquant, c'est à Los Angeles – la « Cité des anges » – que Pascale Kramer a choisi de placer l'intrigue de L’Implacable brutalité du réveil. Un huitième roman rempli de malaise qui prend pour thème la maternité. Ou, plus exactement, le trouble et la détresse qu’une jeune mère ressent face à l’absence de sentiment maternel. Après Fracas (Mercure de France, 2007), qui avait pour cadre un paysage de canyons proche de Los Angeles, la romancière revient une fois encore dans cette mégalopole qu'elle a découverte en 2001. Depuis lors, elle y séjourne de deux à trois mois par an. “Ce qui me pousse à y retourner, c’est l’énergie qu’insuffle cette ville tout à la fois laide et belle”, explique Pascale Kramer». (Christine Rousseau, Le Monde des Livres, février 2009)

Bibliographie
  • L’Implacable brutalité du réveil, Mercure de France, coll. «Bleue», 2009
  • Fracas, Mercure de France, coll. «Bleue», 2007
  • L’Adieu au Nord, Mercure de France, coll. «Bleue», 2005
  • Retour d’Urugay, Mercure de France, coll. «Bleue», 2003 et Folio, 2005
  • Les Vivants, Calmann-Lévy, 2000 et Folio, 2002. Prix Lipp 2001
  • Préambule à la barque (nouvelle), in Document Stéphane Zaech, Éditions art & fiction, 2002
  • Onze ans plus tard, Calmann-Lévy, 1999 et Folio, 2000
  • Le Bateau sec, Calmann-Lévy, 1997
  • Manu, Calmann-Lévy, 1995. Prix Michel Dentan 1996
  • Terres fécondes, L’Aire, 1984
  • Variations sur une même scène, L’Aire, coll. «Le Coup de Dés», 1982

Dédicaces de Jean-Luc Benoziglio et Pascale Kramer

à l’issue du débat/discussion
(Atelier n°2)
Christine Lecerf
Modératice, germaniste, traductrice, productrice à France Culture

Paul Nizon (1929, Suisse)

Né à Berne en 1929 et vivant en France depuis de nombreuses années, Paul Nizon est aujourd’hui considéré comme l’un des écrivains majeurs de langue allemande.
De tous les écrivains suisses qui commencent à publier vers la fin des années 50, Paul Nizon est sans doute le plus envoûtant par la magie et la musicalité de son style mais aussi le plus polémiste, tant il est en rupture avec son pays et l’ordre bourgeois. Quand, en 1959, il publie un premier recueil de proses brèves, Les Lieux Mouvants, il attire immédiatement l’attention de la critique. Mais c’est avec Canto (1963), roman – où le narrateur part en quête de soi-même à travers une Rome pleine de splendeurs – que son talent éclate sans pour autant être d’emblée reconnu. De 1964 à 1972, tout en exerçant son métier de critique d’art indépendant, il publie un provocant essai polémiste (Diskurs in der Enge, 1970) fustigeant l’étroitesse de son pays d’origine. Une thèse développée avec une ironie insidieuse dans un écrit autour de son enfance intitulé Dans la maison les histoires se défont (1971) et dont il consigne les conséquences déchirantes dans Immersion (1972). Ses livres suivants sont autant d’autofictions menées à travers la quête du langage, dont les thèmes et les motifs seront intégrés dans L’Année de l’amour (1984). Un roman qui le rendit célèbre à Paris et entraîna la traduction française de l’essentiel de son oeuvre, qui deviendra le premier de sa «trilogie parisienne», complétée depuis par Dans le ventre de la baleine (1991) et Chien (1998).

Bibliographie
  • Le Ramassement de soi – Récits et réflexions, trad. Diane Meur avec la collaboration de l’auteur, Actes Sud, 2008
  • Le Livret de l’amour. Journal 1973-1979, trad. Diane Meur, Actes Sud, 2007
  • La Fourrure de la truite, trad. Diane Meur, Actes Sud, 2006 et Babel, 2008
  • Les Premières éditions des sentiments. Journal 1961-1972, trad. Diane Meur, Actes Sud, 2006
  • Maria, Maria (avec Colette Fellous), Maren Sell éditeur, 2004
  • Adieu à l’Europe, trad. Bernard Kreiss, Actes Sud, 2003
  • Figurants fugitifs, trad. Jean-Claude Rambach, Flohic, 1999
  • Chien, trad. Pierre Deshusses, Actes Sud, 1998
  • “Thesaurus”, OEuvres autofictionnaires, Actes Sud, 1997
  • L’envers du manteau – Journal d’atelier, trad. Jean-Claude Rambach, Actes Sud, 1997
  • L’OEil du coursier précédé de Mes Ateliers, trad. Jean-Louis de Rambures, Actes Sud, 1994
  • Dans la maison les histoires se défont, trad. Jean-Louis de Rambures, Actes Sud, 1992
  • Goya, trad. Jean-Claude Rambach, éd. Flohic, 1991
  • Marcher à l’écriture, trad. Jean-Claude Rambach, Actes Sud, 1991
  • Canto, trad. Georges Pauline, éd. Jacqueline Chambon, 1991
  • Immersion, trad. Jean-Louis de Rambures, Actes Sud, 1991 et Babel, 2007
  • Dans le ventre de la baleine, trad. Jean-Louis de Rambures, Actes Sud, 1990
  • Stolz, trad. Jean-Louis de Rambures, Actes Sud, 1987 et Babel, 1992
  • L’Année de l’amour, trad. Jean-Louis de Rambures, Actes Sud, 1985 et Babel, 1989
Autres animations pendant les Rencontres littéraires autrichiennes et suisses

Salon de musique
Lectures à voix haute d’extraits de textes des écrivains invités pendants les débats/discussions par les comédiens Sophie Merceron et Yves Arcaix.

SAS
Exposition de sérigraphies, sculptures et dessins originaux de Nicolas Mahler.

Atelier n°1
Projections alternées des films vidéo « In Transit » (6.00 mn, 2009) de Reinhold Bidner, musique de Richard Egner et « CPU » (Central Processing Unit) (13.00 mn, 2010) de Robert Praxmarer et Reinhold Bidner, artistes autrichiens (1nOut) d’après Le Procès de Franz Kafka.

Théâtre
Mise en espace de Le Voyage d’Alice en Suisse — Scènes de la vie de l’euthanasiste Gustav Strom, pièce inédite de Lukas Bärfuss (jeudi 4 à 18h30, vendredi 5 à 21h et samedi 6 novembre à 21h).
Traduction provisoire de Hélène Maulez et René Zahnd, éditions de l’Arche.
Coproduction le lieu unique / Le Théâtre du Loup, Nantes.
Avec Florence Bourgès, Bertrand Ducher, Nigel Holidge, Yvon Lapous, Marilyn Leray et Yvette Poirier.

Atelier n°2
Grande librairie thématique animée par la librairie Vent d’Ouest au lieu unique
Littérature (romans, nouvelles, poésie, théâtre, contes), bande dessinée, albums jeunesse, essais, sciences humaines, guides de voyage, beaux livres, beaux-arts.
Tables dédiées aux livres des auteurs suisses et autrichiens présents et des grands débats littéraires (Freud, Bernhard…) et espace réservé aux dédicaces.

La « World food Brasserie » avec spécialités suisses et autrichiennes (viande de grison, fromages, vins) est animée par le Beckett’s (3 rue Guépin, 44000 Nantes – t 02 40 48 76 46) Exposition « D De la Main même de la Créature », une centaine de dessins, croquis, notes et carnets inédits de Pierre-Alain Bertola inspirés librement du personnage littéraire suisse sans doute le plus célèbre et le plus méconnu : Frankenstein.

Exposition photographique
séries « B Banquiers » et « Schuss » (2010) de Claude Baechtold


Graphiste et photographe né en Suisse en 1972. La manière compulsive de Claude Baechtold de photographier tout ce qui bouge — et ne bouge pas — pour en faire des séries thématiques lui a valu de donner son nom à la collection « Baechtold’s Best » des éditions Riverboom. Il est l’auteur de Suisse, Pékin, Pôle Nord, Au Pays du Louvre tous parus aux éditions Riverboom.

Exposition photographique
« V Vienna MMIX-17352-7000 », et de l’oeuvre « Unit BOCK » (2007) de Jules Spinatch
Né à Davos en Suisse en 1967, Jules Spinatch est l’un des artistes photographes les plus talentueux de sa génération. Son travail a été exposé, à de nombreuses reprises, au Musée d’Art moderne de New York (moma), à la Tate Modern de Londres, au sfmoma de San Francisco, au Kunsthaus de Zurich et au Musée des beaux-arts de Munich.

Projection permanente du dessin animé « M Mystery Music » (2010, 5 mn) de Nicolas Mahler.


Animations extérieures
Atelier de traduction, intervention et lecture d’Eva Menasse à l’université de Nantes, département LLCE, sous la responsabilité d’Elisabeth Kargl et Krista Franz le vendredi 5 novembre à 14h. Intervention et lecture de Pascale Kramer au collège Rutigliano sous la responsabilité d’Adeline Pringault le lundi 8 novembre.

Partenaires institutionnels français :
Conseil régional des Pays de la Loire
Ville de Nantes
Conseil général de Loire-Atlantique
Ministère de la Culture et de la Communication/ Centre national du livre

Partenaire institutionnel suisse :
Pro Helvetia
Divisions « Littérature » et « Société » et « Arts visuels »

Partenaires institutionnels autrichiens :
Ministère fédéral autrichien des Affaires étrangères / Forum culturel autrichien, Paris
Ministère fédéral de l’Éducation, des Arts et de la Culture autrichien (Kunst Bundeskanzleramt), Vienne
Literar-Mechana, Vienne

Avec les mécénats de :
L’Eclat de Verre, Nantes ;
Société Multigraphic, Montoir de Bretagne

Partenaires médias :
Ouest France, Télénantes, Eur@dionantes, Fip

En partenariat avec :
Le Lieu Unique et la librairie Vent d’Ouest au Lieu Unique

Tous nos remerciements à :
Les Éditions Absalon, Actes Sud, L’Association, Jacqueline Chambon, Delcourt, Denoël, Folies d’encre, Futuropolis, Gallimard, Mercure de France, puf, Rivages, Le Seuil, Laurence Teper, Zoé.

Les traducteurs, interprètes et professeurs :
Bernard Banoun, Delphine Choffat, Karsten Forbrig, Elisabeth Kargl, Günter Krause, Claudia Layre, Patrice Neau, Colette Strauss‑Hiva.

Les étudiants de la classe d’art dramatique du Conservatoire de Nantes :
Mathilde Aubineau, Coline Barraud, Pierre Bedouet, Marion Malenfant, Fleur Monharoul, Mathilde Rio.

Les étudiants du Master APC et de MCCI de l’université de Nantes :
Mathias Gante, Caroline Klinkle, Dayana Mick, Sabina Remus, Sina Schindler, Clara Waldeck.

Les étudiants de la section Info-Com de l’IUT de La Roche-sur-Yon.

Les amies bénévoles :
Carole Grosbois, Christine Manissol, Pauline Omnes‑Amine, Caroline Tanguy.

Merci également à :
Jean-Paul Felley (Centre culturel suisse, Paris), Sabine Graf (Pro Helvetia, Zurich), Marlyse Pietri (éd. Zoé, Genève), Alexander Potyka (éd. Picus, Vienne), Angelika Salvisberg (Pro Helvetia, Zurich), Philippe Vallepin (Conservatoire de Nantes) et aux équipes de Vent d’Ouest et du lieu unique avec une pensée particulière pour Jean-Alain Provost, trop tôt disparu.